Des espoirs, s'il doit en rester - 17/12/06

Publié le par Pierre FRITSCH

Cher-e-s ami-e-s,

Je suis impliqué jusqu'au cou dans notre CAUG et je me suis mis, depuis trois mois, complètement, jour et nuit, au service de notre rassemblement unitaire, antilibéral, de gauche. Avec d'autres, dont je souhaite ici, tout comme a pu le faire Jean-Michel BOCHATON, saluer l'engagement, je participe à l'animation de notre comité local. Depuis le départ, on m'a fait confiance, et des communistes m'ont fait confiance, pour porter notre démarche unitaire le plus loin possible, dans l'esprit de "l'appel au rassemblement antilibéral et unitaire, pour des candidatures communes". Je m'y suis appliqué et, je dois le dire à nouveau, c'est avec une certaine fierté que je portais ma contribution à un mouvement "historique" de rassemblement de la gauche antilibérale. Je m'y suis appliqué malgré les difficultés, les obstacles inhérents à la diversité que nous voulons gagner et malgré les attaques directes ou sournoises, en tout cas calomnieuses, dont j'ai pu personnellement faire l'objet dans les semaines viennent de passer. Notre rassemblement et les espoirs qu'il ouvre vallent la peine de se donner du mal pour surmonter ces difficultés. Je me suis mis au service de l'animation de notre mouvement et me suis abstenu d'exprimer mes divergences, inquiétudes, colères ou avis sur telle ou telle candidature.

Pourtant, aujourd'hui, je ressens comme une urgence de mettre tout mon modeste poids du côté où je souhaite vivement que ça penche. Nous allons devoir prendre des décisions importantes pour l'avenir de notre rassemblement dans les jours qui viennent et, ne croyant plus à l'intelligence de la direction du Parti communiste français, je crois qu'il n'est plus à l'ordre du jour pour moi de montrer des prévenances dans l'expression de mes positions. Aussi me vois-je dans la nécessité de dire que si un échec devait finir par être présenté à tous ces gens qui souffrent et qui ont ce besoin urgent de changement radical, antilibéral, de notre société, je continuerais d'affirmer que les responsabilités ne sont pas les mêmes pour le lambda, pour la petite organisation politique, et pour le PCF. L'obstacle numéro 1 à notre démarche profondément novatrice, c'est la direction du PCF. D'autres obstacles existent, certes, mais les responsabilités ne sont pas les mêmes. C'est ce qu'expiment d'ailleurs eux-mêmes et elles-mêmes tous et toutes les communistes qui sont en train de quitter ce parti, de quitter ses directions, voire de quitter la plus haute instance exécutive du PCF, et dont je salue le courage. Ces communistes sont profondément attaché-e-s à leur parti, comme j'ai pu l'être moi-même et comme je le suis encore malgré les procès d'anticommunisme qu'on peut me faire. Faut-il attendre que le champ soit en ruine, que ce merveilleux outil qu'est le PCF soit réduit en cendre, pour espérer voir une organisation communiste transformée ? Ce jeu de la direction nationale du PCF est dangereux parce qu'il n'engage pas que lui-même mais aussi les millions de personnes qui veulent le changement et se se sentent impuissantes pour l'engager et auxquelles pourtant nous avons ouvert des perspectives.

Tout comme je l'ai dit publiquement et avec force au meeting de Krivine, à Valence, nous sommes dans un processus dont la portée politique est radicale ; je m'en explique. Nous nous sommes doté-e-s d'un projet-programme "Ce que nous voulons" qui est fort, porteur de changements véritables à court comme à moyen terme. Ce programme est "populaire", dans le sens où il n'est pas la construction faite entre organisations politiques mais entre des collectifs locaux dans lesquels existent les représentations politiques. Ce que je demande, et je crois pouvoir dire que c'est ce que nous demandons, ce n'est pas que les organisations politiques se mettent d'accord entre elles, c'est que les organisations politiques contribuent à porter ce "programme populaire" et qu'elles assument que, ce faisant, elles portent un programme qui n'est pas le leur. Cette approche est celle pour moi qui laisse encore toute la légitimité à la présence des organisations politiques en tant que telles et toute la légitimité à leurs approches particulières et spécifiques. Or la guerre de tranchée dans laquelle est engagé le PCF contre le consensus des collectifs montre en toile de fond que c'est cette légitimité renversée qui pose radicalement problème au PCF, à la LCR comme à la plupart des organisations politiques qui fondamentalement sont royalement satisfaites par notre Vème République et de l'exclusion du peuple que cette République permet.

Au-delà, maintenant. Devant l'avalanche de messages étant proposés en diffusion sur notre liste locale, le collectif d'animation m'avait demandé de filtrer en fonction de l'origine locale et de l'apport à nos échanges locaux et, bien sûr, je m'y suis appliqué. Mais parmi ces messages, j'en ai lu un dont je partage l'analyse et, plutôt que de retravailler ce texte, je vous en livre les extraits principaux.

Communistes encarté-e-s, votre responsabilité est grande. Saisissez-vous-en et ne l'aliénez pas. Au bout, vous assumerez les bons choix comme les mauvais et tout le monde en fera autant, moi-aussi pour la part qui me concerne. Aux autres, donnons-nous encore quelques espoirs que la situation évolue favorablement et mettons-y encore notre énergie.

Publié dans Collectif antilibéral

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