Introduction à la "constituante" du CAUG - 7/11/06

Publié le par Pierre FRITSCH

Comité antilibéral unitaire de gauche à Valence - Réunion constitutive du 7/11/06 - mon introduction à la soirée

Le 29 mai 2005, par le « non » qu'elle a gagné au Traité constitutionnel européen, la France populaire et antilibérale a manifesté qu'elle était en mesure de compter dans ce pays. Ce « non » a créé des ouvertures dans l’horizon ; premièrement une ouverture en terme d’orientations politiques et, deuxièmement, une ouverture en terme de rassemblement politique pouvant permettre de penser l’avenir. Il nous appartient maintenant de prendre en main les diverses élections qui viennent pour en changer la donne et la portée. Nous avons encore des combats à gagner et, pourquoi pas, des pouvoirs à prendre pour transformer vraiment la vie.

Depuis plus de vingt ans, les conquêtes sociales sont mises à mal par les différentes variantes des politiques libérales. L’actuelle politique du groupe Chirac-Villepin-Sarkozy, dans un partenariat étroit au Medef, tente d’achever le démantèlement de piliers essentiels de notre société. Il est temps de mettre un coup d’arrêt à ces politiques qui généralisent l’insécurité sociale pour détruire les solidarités et désarmer les résistances. Il est temps de battre la droite et les politiques libérales et d’ouvrir une nouvelle perspective à gauche. C’est dans cette ambition que s’inscrit l’Appel « Pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes : il y a urgence ! »

Cet appel affirme que « seule une union de toutes les énergies antilibérales autour d’un projet commun, seules des candidatures communes antilibérales de gauche aux élections présidentielles et législatives peuvent ouvrir la voie à une authentique alternative (…) ». Cet appel propose la création d’un « collectif national d’initiative » et invite à créer partout des « collectifs locaux d’initiative, unitaires et populaires » afin de « discuter de toutes les questions auxquelles ce rassemblement devra répondre, de lever les derniers obstacles et de concrétiser cette campagne ».

Le Collectif d’initiative national s’est mis en place, existe, prend des initiatives, y compris dont les média se font maintenant largement écho, et aujourd’hui de nombreux collectifs locaux se créent. Créons le nôtre, pour l’échelle qui me paraît pour l’heure la plus pertinente, l’agglomération.

Pour éviter des interprétations disparates et afin d’avoir une référence commune nationale pouvant servir de repère pour nos initiatives locales, il peut être utile de rappeler les objectifs de ces comités locaux.

Il me semble que notre comité local doit se vouloir UNITAIRE. Dès le départ, nous devons chercher à rassembler toutes les forces et sensibilités représentées dans l’appel national. Mais il faut viser plus large car il s’agit bien de rassembler toutes celles et ceux qui rejettent les politiques libérales et aspirent à une alternative.

Et il me semble que notre comité local doit se vouloir POPULAIRE. Notre ambition devrait être d’aller bien au-delà des cercles habituels des militants politiques, un peu à la manière de l’investissement citoyen qui s’était développé dans les collectifs unitaires au plus fort de la campagne contre le Traité constitutionnel européen. Des dizaines de milliers personnes, militantes associatives ou syndicales, s’étaient investies dans la bataille. Cette plus-value fut décisive pour la victoire, il faut viser la même dynamique. Il me semble qu’il faut avoir cette ambition en tête dès le départ et construire nos initiatives en conséquence.

D’abord, la dimension de proximité est nécessaire à la pleine dimension populaire. C’est cet enracinement populaire de proximité qui donnera toute sa force d’entraînement à notre campagne, qui permettra de surmonter les obstacles médiatiques et de toucher des milliers de personnes de notre agglomération, notamment celles que notre société exclut le plus.

Ensuite, les aspirations et l’espoir des citoyens et citoyennes pour un réel changement sont forts. Mais des doutes existent aussi : sur la possibilité d’une autre politique, sur la possibilité d’aboutir à des candidatures unitaires à la présidentielle et aux législatives. Notre collectif devrait, me semble-t-il, développer des actions et des initiatives pour répondre à cette double interrogation, tout en s’inscrivant bien sûr et fortement dans les luttes et mobilisations, actuellement nombreuses, contre les politiques libérales.

Enfin, il ne s’agirait pas de nous enfermer en vase clos pour débattre programme et candidats mais bien de développer des initiatives publiques. Il nous faudrait donc développer le débat autour des enjeux de l’alternative et des candidatures unitaires en se tournant le plus possible vers les citoyennes et citoyens.

Nous ne partons pas de rien,de nombreuses initiatives nationales ou locales existent déjà, nous ne sommes pas seul-e-s. Ainsi existe-t-il une « Charte pour une alternative au libéralisme », mise en forme par les anciens collectifs du 29 mai. Ainsi existe-t-il également un texte-programme en construction et en phase d’enrichissement et qui s’intitule « Ce que nous voulons ». Ainsi existe-t-il aussi un collectif national qui fédère les collectifs locaux. Tout ce qui existe fournit un socle commun partagé par toutes les forces engagées dans le Collectif national d’initiative (et même au-delà puisque y ont participé des forces associatives et syndicales). Ce sont des outils de travail qui permettent dès aujourd’hui d’alimenter réflexions, débats et, c’est évident et nécessaire, les initiatives multiples et décentralisées. L’essentiel est la référence partagée à l’appel national, à sa philosophie et la volonté de construire l’avenir tous et toutes ensemble.

On peut aujourd'hui, et c'est l'ambition de cette rencontre constitutive, fonder un rassemblement sur la base de ce qui nous unit plutôt que sur ce qui nous diviserait. Notre premier point commun : nous sommes résolument à gauche. Notre second point commun : nous voulons une France, une Europe et un monde où ne règne pas un libéralisme à tout crin, et qui ne mettent pas l’existence même de notre planète en danger. Notre troisième point commun : nous ne voulons pas abdiquer devant les systèmes de dominations que sont le capitalisme, le sexisme ou le racisme. La gauche que nous voulons est une gauche antilibérale, écologiste, féministe, antiraciste, altermondialiste, bref, une gauche égalitaire et solidaire. Ce sont ces combats modernes que nous pouvons porter collectivement autour de candidatures unitaires des forces et individus se réclamant de cette modernité.

Cette réunion constitutive a été largement ouverte à tout le monde et s'inscrit dans le mouvement national qui se développe. Les sites www.alternativeunitaire2007.org et www.alternativeagauche2007.org rassemblent un grand nombre d'informations sur ces initiatives locales qui se multiplient et dont la dynamique surprendra ceux ou celles qui veulent écrire l'histoire avant qu'elle ne se déroule. Mais comment populariser notre création ? C’est à nous ici d’apprécier la formule la plus adaptée, l’objectif étant de bien rendre visible la création de ce collectif et les forces, courants et individus qui le portent.

Enfin, pour finir avec notre ordre du jour d'aujourd’hui, je serais tenté de dire qu’il y a un minimum de choses concrètes avec lesquelles nous devrions repartir :

Je crois qu’il nous faut nous doter de la possibilité d’agir rapidement et efficacement et qu’à ce titre la mise en place ce soir d’un « collectif local d’animation » est absolument indispensable. Je dirais aussi que ça devrait se faire en conformité avec l’esprit et la lettre des engagements nationaux. C’est une campagne collective, il faut donc une animation collective et non pas quelque chose qui reposerait dans une seule main. C’est une campagne qui se veut unitaire, il faut donc que toutes les sensibilités politiques et notre diversité de ce soir soient représentées. Enfin, notre campagne met l’accent sur la nécessaire égalité des sexes et il faut donc aussi, selon moi, que femmes et hommes soient présents et présentes à égalité dans les collectifs que nous mettons en place. Voilà donc pour le « comité d’animation ».

Mais on le sait, tout le monde n’est pas efficace de manière égale dans des organisations pratiques et dans des expressions publiques orales. Il faudrait donc, je crois, que nous nous dotions également d’un « collectif local de porte-parole ». Là encore, la même approche que précédemment devrait être envisagée pour sa composition.

Pour finir cette introduction, je dirais qu’un troisième point me paraît indispensable d’être réglé dès ce soir : nous devons partir d’ici avec au moins une initiative publique dans la ligne de mire. Ca pourrait être déjà une modeste réunion publique qui nous permettrait d’avoir sans tarder de nous mettre en situation de communication publique.

Publié dans Collectif antilibéral

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