Majorité

Publié le par Pierre FRITSCH

Il y a des dates comme aujourd’hui

Où c’est plus fort que nous, on les a à l’esprit

1515… Marignan

81… Mitterand

89… la Révolution

16 août… mon apparition

1848… le Manifeste

4 août… des privilèges c’est l’abolition

aujourd’hui… on continue par la fête

et en plus on a bien raison

 

Il y a des dates comme aujourd’hui

Où on se rappelle qu’l’histoire c’est pas fini

Et qu’si les Bastilles restent à prendre

On s’dit qu’il faudrait pas attendre

Les prolos, y’en avait pas trop

Et les féodaux remportaient le morceau

Les prolos, y’en a plus trop

Et les bobos nous ont ramené Sarko

 

Il y a des dates comme aujourd’hui

Où c’est plus fort qu’nous, on s’dit qu’c’est pas fini

Qu’si les bourgeois ont renversé la noblesse

Y’a pas d’raison que maintenant on les laisse

Les cadeaux fiscaux, j’en n’ai que faire

C’est pas mon lot, les trésors de guerre

Et toute façon c’est comme tout le temps

C’est pas chez tout le monde qu’y a le beau temps

 

Il y a des dates comme aujourd’hui

Où c’est plus fort que nous, on pense aux colonies

Si 89, c’est la corvée mise au placard

On peut pas dire qu’ils libèrent les bagnards

Ceux qui sont pas d’chez nous

A qui on dit « les gaulois, c’est bon pour vous »

Parce qu’il faut quand même se souvenir

Que l’Afrique ils nous l’ont pas fait fuir

 

Il y a des dates comme aujourd’hui

Où qu’le patriarcat c’est pas fini

Ils n’ont pas cherché à y mettre fin

C’est p’t’être pour ça que c’est sans fin

Et pourtant il n’aura pas fallu attendre Billancourt

Pour que le devoir conjugal s’appelle l’amour

Il n’aura pas fallu attendre que les mecs aient un salaire

Pour que la vie des femmes soit une galère

 

Il y a des dates comme aujourd’hui

Où qu’la minorité reste un défi

Parce que la majorité c’est quand on permet

A l’autonomie de faire son trajet

L’étranger, la femme et l’enfant

C’est toujours sur eux que le sort s’acharne pourtant

Parce que quand majorité rime avec domination

C’est bien minorité qui rime avec exclusion

 

Il y a des dates comme aujourd’hui

Où on sait qu’il y aura des lendemains

Et où on sait que si c’est pas fini

Il faudrait quand même que ce soit vraiment la fin

Et au moins celle des suzerains

Publié dans Slam et poésie

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andrée wizem 14/10/2007 10:14

bonjour pierreje relis ce texte...je pense qu'il mérite d'^etre défendusur la scène slam de "un air de famille"il est trés limpide...juste ce qu'il faut d'énergie pour ne pas sombrer...mais sans emballement pour ne pas s'illusionner...alors ...la prochaine fois...tu viens avec ton textedans la poche ...bisesandrée